Droit de vote aux États-Unis

 

 

  “Getting the vote out” :

“Les swings voters (qui ont peu de constance d’une élection à l’autre), c’est-à-dire, les indécis qui n’ont pas d’affiliation particulière jouent un rôle considérable dans les élections présidentielles contemporaines.

Particulièrement sensibles aux facteurs exogènes, les “swings voters” constituent bien souvent le  cœur de cette marge d’erreur qu’évoquent les sondeurs : 10 % de la population, aujourd’hui est susceptible de “faire” l’élection.

À ce titre, celle de Ronald Reagan (40e président des États-Unis) a été l’occasion de montrer cet effet de balancier au sein de l’électorat : une grande part de son succès en 1980 a été attribuée aux “Reagan Democrats”, ces électeurs démocrates qui ont massivement basculé du côté républicain.

C’est une dimension que les équipes des candidats prennent en compte.

“Getting the vote out”, littéralement aller chercher les votes, est le mot d’ordre des veilles de scrutin.

Il s’agit d’encourager l’inscription sur les listes électorales, de lutter contre l’abstention, et cela constitue maintenant un des éléments clés de la stratégie de campagne électorale.

Chaque équipe de campagne effectue un véritable marathon, constitué d’appels téléphoniques, d’envois postaux, de porte-à-porte, auxquels s’ajoute, le cas échéant, la mise sur pied de moyens de transport vers le bureau de vote.

Selon les directeurs de campagne, les 72 dernières heures sont déterminantes.

C’est ainsi qu’en 1988, les républicains se sont appuyés sur des sondages téléphoniques pour définir la tendance politique des électeurs, et ensuite, envoyer des lettres personnalisées ciblant des profils prédéterminés.

À l’inverse, les démocrates, qui ne disposaient pas de ce type de donnée, ont envoyé massivement des prospectus généraux non ciblés.

Or, les envois ciblés ont un retour considérable, notamment, dans les classes sociales à bas revenus.

Il reste qu’en ce sens, les deux grands Partis ont un atout réel par rapport à un parti tiers : ils disposent de la structure nécessaire pour “aller chercher le vote”.

  Le scrutin :

Jusqu’en 1956, le Maine a fait “dissidence” en organisant son élection en septembre.

Il s’est finalement aligné sur les autres, lors des élections de 1960 : désormais, le vote populaire a lieu le mardi suivant le premier lundi de novembre.

Le jour de l’élection, il y a 51 scrutins : un part État, et un dans le District of Columbia, dont l’organisation incombe aux États fédérés.

 

 

  L’organisation du scrutin :

Les Partis politiques sont très décentralisés : ainsi, tant le Parti républicain que le Parti démocrate ne sont que des confédérations (au demeurant assez distendues) des partis de chaque État.

À tel point que l’on a pu parler le “fifty american party system”.

Et, au sein de chaque État, le principe de décentralisation s’applique aux comtés qui ont eux-mêmes une autonomie organisationnelle.

Le droit constitutionnel américain impose aux États d’organiser l’élection des grands électeurs.

Toutefois, les modalités de l’élection leur appartiennent totalement, et c’est là que le bât blesse.

En effet, la combinaison de la décentralisation et de l’autonomie fiscale implique que les comtés peuvent choisir de se doter (ou non) de machines de vote (et de décompte de votes) adéquates (ou pas).

Devant le coût d’organisation des élections, le fort taux d’abstention et le grand nombre de fonctions électives, les États tendent à concentrer différents scrutins.

C’est ainsi que l’on désigne bien souvent le même jour, en plus des grands électeurs, des fonctionnaires, des shérifs, des perspecteurs, des gouverneurs, des représentants, des sénateurs, tout en répondant à des référendums…

C’est pour cela que les bulletins deviennent parfois complexes et c’est là à l’origine de l’imbroglio de l’élection présidentielle de 2000, affirme “Audrey Crespo-Mara”.

Si les machines de vote sont apparues à un moment donné comme la panacée, elles ne permettent pas nécessairement de limiter la fraude.

Par exemple, en 1978, un référendum à Philadelphie a donné lieu à des fraudes considérables, par trucage des machines.

Et même non truquées, les machines de vote ont une marge d’erreur qui va de 0,5 à 4 %”, article de la journaliste-présentatrice française, “Audrey Crespo-Mara”.